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MARQUE
DE FÉMINITÉ
La version 2008 du
fameux 24 Heures de
Gérard Darel (avec
un rabat) porté par
son ambassadrice,
Charlotte Gainsbourg.
Ci-dessus, le Robert
en python de Jérôme
Dreyfuss. À droite,
un Classic Lady
noir de Dior à la main
de Chloë Sevigny.
la course
aux sacs
TOUTE FASHIONISTA QUI SE RESPECTE EST
ATTEINTE D’UNE «BAGGITE AIGUË».
UNE MALADIE SAVAMMENT ENTRETENUE PAR
LES FAISEURS DE MODE ET NOS AMIES LES PEOPLE.
Malheureusement pour elle,
la fac de Nanterre ne propose
pas encore le master
Sacs à main… «Si c’était le cas, rigole
Clémence, 24 ans, je serais diplômée
avec les félicitations du jury ! » Dans
sa penderie, la demoiselle stocke rien
moins que deux cabas à paillettes
Vanessa Bruno, un Bay de Chloé, un
Cult de Lamarthe, un Lady Dior vintage,
un 2.55 de Chanel, un Stéphane
Verdino doré et un Billy violet signé
Jérôme Dreyfuss, sa dernière folie. Étudiante,
Clémence passe la totalité du
gain de ses petits boulots d’été dans
ce qui est devenu une obsession. «J’en
achète en moyenne cinq par an. C’est
grave, docteur ? » Pas vraiment.
Comme Clémence, nombreuses sont
les victimes de la « baggite aiguë »,
un virus contre lequel il n’existe malheureusement
aucun vaccin.
Le patron de Lancel, Marc Lelandais,
donne son analyse : « Le sac,
c’est l’expression de ce qu’est une
femme, de son intimité. Elle le choisit
à son image, et y toucher, c’est
pénétrer dans sa chambre à cou-
cher…» Le sac n’est plus accessoire
: il est même essentiel.
«C’est ma deuxième maison,
confirme Coralie, 22 ans,
qui a pris en photo le
contenu de sa besace
marron pour alimenter
un blog consacré aux sacs à
main * ». Les faits sont là. Alors
qu’il y a cinq ans on se contentait
d’un bon Eastpak, aujourd’hui, tout
le monde cède aux « it bags », ces
sacs que l’on rêve de voir à son bras,
même s’ils en coûtent un (de bras)!
« Le sac à main est devenu est un
signe de reconnaissance, comme
le parfum dans les années 80, précise
le créateur Jérôme Dreyfuss. On
s’habille tous chez H & M et Zara. Le
sac est un moyen de se démarquer,
de choisir son camp. » Bling-bling,
bobo, chic, glamour ou fashion, il nous
définit davantage que bien des discours.
« Je ne sais pas ce que mon
Légende (Longchamp) dit de moi,
avoue Lysiane, 26 ans. Mais étant
donné qu’en fringues, je passe des
tailles 38 à 42 sans arrêt, lui au moins
PHOTO SYLVIE LANCRENON POUR GÉRARD DAREL