Le Figaro - IndexLe Figaro - Le Figaro - Mlle 6 - IndexPPrague. J’ai commencé à travailler
sur ce quatrième album* à Paris, mais
c’est Prague qui m’a donné la véritable
impulsion pour écrire les premières
chansons. Presque par hasard d’ailleurs
: j’y suis tout d’abord allé pour
rejoindre Mélanie (sa compagne, la
comédienne Mélanie Thierry, ndlr)
qui y tournait, sous la direction de
Mathieu Kassovitz, l’adaptation du
roman de Dantec, «Babylon Babies».
Et puis je suis revenu quelques jours
par mois, en logeant dans un charmant
appartement sous les toits…
Dans cette ville, où la musique, omniprésente,
sort des églises, des ruelles,
des magasins, je me baladais, j’écrivais
et je composais des mélodies sur
une guitare du début du XXe siècle
dénichée sur place.
PHOTO MONDINO/DELABEL/EMI
Inspirations. Je me nourris de tout ce
que j’écoute: David Bowie et Barbara,
mes idoles, bien sûr. Je suis aussi fan
depuis toujours du blues incantatoire
de Bob Dylan. Pour la préparation de
cet album, j’ai surtout trouvé l’inspiration
dans la poésie de Leonard
Cohen et le style émouvant de Daniel
Johnston qui me rappelle les débuts
des Beatles.
Entourage. Au début de la chaîne,
il y a Mélanie et mon cousin Thibault,
auxquels je fais écouter chacune des
chansons que j’écris. Puis Robert
Aaron, sans qui cet album n’aurait pas
vu le jour. Il s’est chargé de la basse, du
clavier et du saxophone… Sans compter
son soutien psychologique et son
amitié. Très présents également,
Michael Elig, mon directeur artistique,
intelligent et rapide comme l’éclair, et
ma manager, Caroline Manset, qui m’a
ouvert les portes des maisons de
disques à mes débuts.
Métissage. Ce nouvel album illustre
mon intérêt pour toutes les musiques,
comme en témoigne le duo « Adieu
Haïti» avec Frederick Toots Hibbert,
l’un de mes chanteurs reggae préférés.
Cela dit, en l’écoutant, j’y retrouve le
fruit de mes voyages en Europe de
l’Est, au Japon et aux États-Unis mais
également mes origines à la fois russe,
marocaine et argentine avec, en filigrane,
ma quête d’identité.
Vieillir. Je fais la route à l’envers: les
années qui passent me rajeunissent!
Enfant, je me sentais vieux. Je n’ai
connu le sentiment de légèreté qu’à
l’adolescence. La maturité n’est pas
une fin en soi, l’important c’est de
changer, d’évoluer. Alors aujourd’hui,
je ne sais pas si je suis plus mûr… Mais
plus léger, certainement.
Célébrité. À la sortie de «Caravane»,
j’ai eu le sentiment que tout allait
changer, puis la vie a repris son cours,
exactement comme avant. Ou presque…
Sans doute la célébrité a-t-elle
mlletêteàtête
quelques inconvénients, lorsque la
presse people se mêle de ma vie privée
par exemple. Mais elle a aussi ses
bons côtés: j’ai souvent les meilleures
tables dans les restaurants ! Et puis,
quand on me reconnaît dans la rue,
cela reste agréable et touchant car les
gens sont très respectueux.
Tournée. Je suis impatient de retrouver
la scène. Quand j’écris, j’oublie que
je suis chanteur, alors qu’en concert,
mes cordes vocales sont sollicitées
plusieurs heures par jour. J’aimerais
faire une longue tournée, comme la
précédente, mais cette fois-ci, je me
préparerais mieux physiquement.
Mon but? Pouvoir improviser afin de
ne jamais faire le même spectacle.
Succès. En plus de l’Olympia, je ferai
en fin d’année un concert à Bercy. Je
savoure d’avance l’opportunité de
jouer dans une si grande salle, cela ne
se représentera peut-être pas. Je reste
prudent par rapport au succès: ce qui
m’intéresse vraiment, c’est la musique.
Si mes chansons plaisent, cela me permet
de ne pas trop me poser de questions,
d’avoir la chance d’être entouré
de bons musiciens… et surtout de pouvoir
faire d’autres disques.
PROPOS RECUEILLIS
PAR VICKY CHAHINE
* «Je sais que la Terre est plate» (EMI),
tournée à partir du 7 novembre (le
12 décembre à Bercy, le 15 à l’Olympia).
APRÈS L’IMMENSE SUCCÈS DE « CARAVANE », IL REVIENT AVEC UN NOUVEL ALBUM, « JE SAIS
QUE LA TERRE EST PLATE ». ENTRETIEN AVEC LE PETIT PRINCE DE LA CHANSON FRANÇAISE.
me rajeunissent”
Retrouvez son album sur lefigaro.fr/mlle
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