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et préjugés », « Reviens-moi») et dans
ceux où on la verra en 2008 («Soie»,
«The Duchess», «The Edge of Love»),
elle se révèle féminine en diable. Mais
Keira a longtemps joué de son allure
garçon manqué. D’ailleurs, c’est en
short et chaussures à crampons, ce
qui ne met pas forcément toutes les
filles en valeur, qu’elle a gagné ses
galons de sex-symbol. Elle avait 17 ans.
La découvrir en Jules (sic !), championne
de foot, dans «Joue-la comme
Beckham», petite comédie anglaise à
la sauce tandoori de 2002, a suffi
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LA FEMME
CAMÉLÉON
«Orgueil et préjugés»,
2005 (1). «Joue-la
comme Beckham»,
2002 (2). «Domino»,
2005 (3). «Pirates des
Caraïbes, jusqu’au
bout du monde»,
2007 (4).
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pour que la planète s’entiche d’elle. Et
pour que la belle inconnue se fasse
embarquer par Hollywood sur le
bateau des « Pirates des Caraïbes »,
entre Johnny Depp et Orlando Bloom.
La suite est vertigineuse. À 21 ans, en
2006, Keira est l’une des plus jeunes
actrices nominées aux Oscars, pour
son rôle dans «Orgueil et préjugés». La
récompense lui échappe, mais
sa cote grimpe.
Bellissime, jeune, et déjà
star, donc. D’autres auraient
la grosse tête pour moins
que cela. Pas elle, que
les mondanités horrifient
et qui redoute les
tapis rouges, de peur
de se prendre les
pieds dedans.
« Si je n’étais pas
actrice, je serais
caissière chez
Selfridges», répète
souvent l’actrice à l’accent
cockney, non par amour des
grands magasins mais plutôt
par celui du travail. Une
notion du labeur transmise
par son père, Will Knightley,
comédien de théâtre, qui, lorsqu’elle
était petite, devenait
chauffeur de taxi pour nourrir sa
famille entre deux rôles. En réalité,
Keira n’a jamais eu besoin
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de travailler comme caissière: dès ses
3 ans, elle sent sa vocation de comédienne,
et demande comme cadeau
d’anniversaire… un agent! Vœu auquel
elle accède quelques années plus tard,
le temps de soigner une légère dyslexie.
Sa mère, Sharman Macdonald,
dramaturge et scénariste, ne voulait
pas faire de sa fille une starlette et avait
décidé de tester la solidité de son désir
d’être actrice. La force de Keira et sa
capacité à garder la tête froide viennent
de là. Sa persévérance aussi.
Car il lui en a fallu de la ténacité pour
devenir la petite fiancée british d’Hollywood.
Sa carrière, commencée à
7 ans avec des pubs et des téléfilms
(«Oliver Twist», «Princess of Thieves»…)
lui donne une indépendance financière
dès l’adolescence. La notoriété,
elle, sera plus lente à venir. À 14 ans,
remarquée par George Lucas, elle est
engagée sur «Star Wars, Épisode 1»,
pour être… la doublure de Natalie
Portman. Leur ressemblance, dit-on,
était si forte que, maquillées, leurs
mères ne pouvaient les distinguer l’une
de l’autre. Pas suffisant pour faire
décoller la carrière de la doublure,
dont le nom n’apparut même pas au
générique. Depuis, Keira s’est rattrapée
au-delà de ses espérances. Et, grâce à
ces années d’apprentissage dans l’ombre,
elle continue de garder les pieds
sur terre. La promesse d’un futur Oscar
n’y fait rien : elle vient de refuser de
céder aux sirènes d’Hollywood, dont
les producteurs auraient préféré qu’elle
s’installe à Los Angeles. Elle projette
même de se consacrer davantage au
cinéma anglais. « Dans ce métier, la
célébrité dure une minute », dit-elle
souvent. On sait d’avance que sa
minute sera longue…
EMMANUELLE BOSC
PHOTOS KOBAL COLLECTION (4), ANGELI