Le Figaro - IndexLe Figaro - Le Figaro - Mlle 6 - IndexPHOTO DIRK LAMBRECHTS
de yachts et de Ferrari à un hébergement
à Gstaad en passant par
une demande de stage dans la
finance internationale, on est
entre gens de bonne compagnie.
«Si un jour je veux échanger mon
appart pour aller à New York, je
peux le faire ici en toute confiance,
explique Antoine. Et puis, il ne faut
pas mentir non plus, aSmallWorld,
c’est aussi une sorte de “dating”
chic. Les filles sont jolies et les
mecs puissants… »
HARO SUR LES INTRUS !
On ne rigole pas avec la tranquillité
des membres. «Nous avons créé
“aBigWorld”, une prison virtuelle
où nous envoyons tous ceux qui
ne respectent pas les règles »,
explique le fondateur. Un CV
bidonné, un langage inapproprié,
de la pub déguisée, c’est direct au
trou, sans autre forme de procès!
JE RÊVE D’ÊTRE PARRAINÉE,
C’EST POSSIBLE ?
Très, très difficile. Seuls quelquesuns
des « smallworldiens » parmi
les plus influents peuvent parrainer
leurs amis. Autant dire que
même en connaissant un membre
du réseau, rien n’est gagné! Maintenant,
si vous connaissez quelqu’un
qui a le droit de coopter de
nouveaux membres, suppliez-le
jusqu’à ce qu’il fasse quelque chose
pour vous! ADELINE SUARD
VIRTUELLEMENT
COPINES
Tous ces sites communautaires ont
bouleversé les relations humaines. Que
valent ces amitiés par écrans interposés ?
« J’ai mes amies RL (pour “real life”, la vraie
vie) et celles de mon forum de fans de
M. Pokora, raconte Élise, 24 ans. Certaines
habitent à l’autre bout de la France, n’ont
ni le même âge ni les mêmes préoccupations
que moi, mais quand je me sens mal,
c’est vers elles que je me tourne. » Avec ses
copines de fac, l’étudiante partage ses
samedis soir et ses délires en cours de
marketing, mais c’est à ses relations en ligne
qu’elle se confie. « Elles sont virtuelles
pour ceux, comme mes parents, qui ne
comprennent pas qu’on puisse être amis
sans s’être jamais vus, mais pour moi, elles
sont réelles. Peut-être que certaines
sont en fait des pères de famille barbus,
mais je m’en fiche ! »
Histoires d’amour et d’amitié, entraide,
soutien : pourquoi bouder son plaisir sur
la Toile quand les relations dans la vraie vie
sont souvent corsetées par les conventions ?
« On se choisit car on a des goûts communs,
assure Nina, 23 ans, accro à MySpace,
et Internet agit comme un accélérateur
d’émotions : on ose plus, on se livre plus,
on est soi-même, mais en mieux ! » Nina ne
voit qu’un frein à l’amitié virtuelle : « Quand
on connaît tout de la vie de quelqu’un, on
est tentée de ne jamais le rencontrer pour ne
pas être déçu par la réalité. On préfère rester
cachée derrière son écran… » « Ma réalité,
rigole Camille, 19 ans, c’est qu’à côté de
mes amies du Net, je passe ma vie sur MSN
avec mes copines de lycée ! Ma grand-mère
enfermait le téléphone pour empêcher
ma mère de passer ses soirées l’appareil collé
à l’oreille. Ça la fait rire de me voir suivre huit
conversations en même temps, mais elle
me laisse faire. » « Mon ordi, il a des yeux et
des oreilles, mais il n’a pas d’épaules, sourit
Lucie, 25 ans, qui essaie de se sevrer du Net.
Et désolée, mais pour s’épancher, une épaule
c’est quand même ce qu’il y a de mieux… »
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